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Chroniques : Carrefour international de théâtre 2011
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La omisión de la familia Coleman
Claudio Tolcachir / Teatro Timbre 4 / Buenos Aires / 9 au 11 juin 2011
Carrefour international de théâtre / http://www.carrefourtheatre.qc.ca
Le Carrefour international de théâtre s'est terminé
de fort belle façon avec la représentation de La omisión
de la familia Coleman. La pièce de l'auteur argentin Claudio
Tolcachir nous fait sourire, mais nous fait réfléchir
aussi ; on n'en ressort pas sans un certain malaise : comment
traitons-nous nos aînés ? Que faisons-nous de nos
marginaux ?
La pièce de Tolcachir, créée en 2005 et
destinée tout d'abord à des scènes modestes, a
vite fait salle comble avant de participer à plusieurs festivals
en Europe, aux États-Unis et bien sûr, en Amérique
du Sud.
Des dialogues très réalistes font que les spectateurs ont
l'impression de bien connaître chaque membre de cette famille
dysfonctionnelle et s'attachent à eux malgré tous leurs
travers. On admire la grand-mère tolérante qui calme les
tempêtes, on comprend la délinquance du secret Damian et
on souhaite l'affranchissement de sa soeur jumelle, la taciturne Gabi ;
on est déçu quand Veronica ( la seule qui avait
échappé à la pauvreté parce
qu'élevée par son père ) doit céder au
chantage de sa mère, NENE, celle-là moins adulte que ses
quatre enfants et enfin, on est attendris par les prédictions
loufoques de Mario, l'autiste, dont le destin nous inquiète...
En ce soir de première, la troupe du El teatroTimbre 4 a pris
d'assaut le Théâtre de la Bordée. La conquête
a été facile. En effet, comment ne pas se rendre à
des personnages aussi touchants et universels, à des dialogues
savoureux et à une remarquable performance d'acteurs !
Du théâtre comme on l'aime : réaliste, drôle
et qui parle au coeur !
Yolande Prémont
- Télégraphe de Québec // 2011 06 12
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Lipsynch
Robert Lepage / Ex Machina et Théâtre Sans Frontières / 3, 4 et 5 juin 2011
Carrefour international de théâtre / http://www.carrefourtheatre.qc.ca
Monument national !
Impressionnant ! Captivant ! Intéressant ! Touchant !
Étonnant comme ça passe vite ! Les spectateurs ne
tarissaient pas d'éloges au sujet du plus récent
spectacle d'Ex Machina. Visiblement, ils étaient prêts
pour cette grande aventure théâtrale d'une durée de
neuf heures.
Robert Lepage (et les neuf comédiens qui ont participé
à l'écriture de Lipsynch) a voulu exploiter la voix
humaine dans toutes ses manifestations. Toujours fidèle à
des images saisissantes et à des prouesses techniques, Lepage
laisse une grande place à l'équipe de sonorisation,
partie prenante de l'histoire.
C'est un régal de se faire si joyeusement raconter cette
histoire s'étalant sur plus de trente ans : l'histoire de neuf
destins qui se croisent et se fusionnent parfois.
C'est un régal de voir les neuf comédiens
interpréter voire composer 150 rôles avec brio ,et ce,
dans quatre langues ! Ils sont méconnaissables tant leurs
compositions sont réussies.
C'est un régal de voir s'agiter une armée de techniciens
qui transforment la scène, enfilant au besoin un costume
d'infirmier ou d'ambulancier!
Jusqu'à l'émouvante scène finale, on est
appelé par le plaisir de la découverte, par l'amour et
l'empathie des personnages, mais aussi, comme on parle ici de la nature
humaine, par la cruauté, la mort et les désillusions.
Impossible de ne pas être ému devant ce monument
d'intelligence, de beauté et d'humanité.
Mémorable !
Yolande Prémont
- Télégraphe de Québec // 2011 06 09
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Wolfe
Emma Haché / Théâtre l'Escaouette/Centre national des Arts / Moncton Ottawa / 31 mai au 2 juin 2011
Carrefour international de théâtre / http://www.carrefourtheatre.qc.ca
Dompter les loups
Belle découverte à la salle Multi de Méduse : une
jeune auteure sensible et talentueuse, Emma Haché.
Pour sa pièce Wolfe, la jeune dramaturge originaire du
Nouveau-Brunswick s'est inspirée des tristes
événements qui se sont produits dans son coin de pays
à la fin des années soixante, l'expropriation de
plusieurs villages dans le but de créer le parc national
de Kouchibouguac. Emma Haché nous offre ici un texte
profond, poétique, souvent drôle, mais surtout empreint
d'une belle sensibilité.
Trois couples nous racontent l'histoire de cette deuxième
« déportation » tout aussi douloureuse
que la première : des cultivateurs, Rosilda et Gonzague
(adorables Diane Losier et Albert Belzile) qui naïvement se
font voler leur terre, Yvonne et Jackie (intenses Marie-Pierre
Valey-Nadeau et Frederic Clément Melanson)qui résistent
encore et toujours aux manipulations des représentants du
fédéral et Apolline (fébrile Caroline Sheehy),
constamment suivie et hantée par Wolfe (mystérieux Kevin
Doyle), le loup menaçant qu'on a parfois envie de suivre dans
les bois...
Désireuse de comprendre l'Histoire, la jeune Apolline part donc
à la recherche de Jackie Vautour, le pêcheur
contestataire, symbole de la résistance acadienne. Elle
rencontrera plusieurs obstacles sur sa route, mais ces épreuves,
loin de la détruire, feront monter en elle des forces inconnues.
Tout comme Jackie est devenu un héros en luttant contre vents et
marées, c'est en domptant ses propres loups qu'Apolline en
arrive à la plus grande des découvertes : la
découverte de soi.
Cette production toute jeune (à peine 10 représentations)
n'a peut-être pas encore trouvé son rythme de
croisière, mais on sent une grande ferveur chez les
comédiens, ce qui rend le spectacle encore plus touchant.
À découvrir !
Yolande Prémont
- Télégraphe de Québec // 2011 06 01
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El final de este estados de cosas, redux
Chorégraphie Israel Galván / Un projet de la Compañía Israel Galván / Séville / 24 mai 2011
Carrefour international de théâtre / http://www.carrefourtheatre.qc.ca
Quand en avril dernier, Marie Gignac parlait de « El final
de este estados de cosas, redux » avec des étoiles dans
les yeux, elle promettait de belles émotions aux futurs
spectateurs du Carrefour international de théâtre. En
programmant en ouverture cette production ayant suscité
l'émoi au festival d'Avignon , elle ne pouvait mieux tenir sa
promesse.
Admirablement soutenu par une troupe de douze chanteurs et musiciens,
le magnifique danseur de flamenco Israel Galvan propose une
interprétation libre des versets de l'Apocalypse selon saint
Jean. Les chants, la musique la danse, même les silences
évoquent la grande traversée de l'âme humaine vers
ce commencement de fin du monde.
Le danseur , avec des gestes précis, fougueux, souples et
harmonieux entreprend aussi un long voyage intérieur. Et
c'est dans cette danse puissante qu'est le flamenco que tout au long de
son parcours, il puisera la force d'affronter les épreuves, les
souffrances, les tourments et même la mort.
Brillant, déroutant, intense !
Yolande Prémont
- Télégraphe de Québec // 2011 05 27
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