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Quatre à quatre
La maladie d'aimer
Après un échec amoureux, Anouk cherche à
comprendre qui elle est et où elle va. Consciente de la
lourdeur de son hérédité, elle provoque la
rencontre poétique de ses aïeules pour les
confronter, car elle veut se débarrasser de ces fantômes
qui semblent influencer ses émotions et ses comportements.
Autour de la jeune fille en révolte, les trois femmes qui l'ont
précédée traversent les époques,
expriment leurs espoirs, leurs désillusions, leur solitude et
surtout leur insatiable soif d'aimer : Céline, la
mère trompée toute sa vie par son commis-voyageur,
Pauline, la grand-mère alcoolique et violente, abusée
lorsqu'elle était enfant et Anne,
l'arrière-grand-mère, naïve et romantique «
qui n'est jamais allée plus loin que le bout du rang ».
Marie-Hélène Gendreau a su insuffler un air de jeunesse
à ce texte écrit en 1973, à l'aube de
l'émancipation des femmes. Par une scénographie
très urbaine, des éclairages soignés, des
projections calligraphiques, une musique originale qui appuie
constamment le texte (Millimetrik ), elle réussit à
rendre actuel ce quatuor de femmes soumises, blessées ou
violentes et révoltées, qui transmettent de
génération en génération la maladie
d'aimer. La metteure en scène a dirigé avec doigté
des actrices intenses et généreuses. Elles sont
très belles et très touchantes, ces amoureuses de Quatre
à quatre. Impossible de ne pas y reconnaître nos
mères et toutes ces femmes qui ont fait notre histoire et
surtout, impossible de ne pas apercevoir, comme dans un
miroir, le reflet de soi-même dans cette vibrante
quête d'amour.
(La trame sonore de la pièce, conçue par
Millimetrik, est en vente à la billetterie du
théâtre)
Québec, 18 septembre 2009.
par Yolande Prémont
Présentation de la pièce / Théâtre de la Bordée >>>
Illustration crédit : Théâtre de la Bordée
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