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Coma unplugged
La production « Coma unplugged », du Théâtre
de la Manufacture, couronnée par le Prix de la critique, catégorie
Montréal et par le Masque de la production Montréal, est de
passage au Théâtre Périscope. Malgré
un sujet plutôt noir, et récurrent cette saison dans nos
théâtres, ce spectacle nous séduit par son
originalité, son humour et sa profondeur. L'auteur nous plonge
dès les premiers instants dans le coma de Daniel
Martin, un chroniqueur humoristique plutôt
désabusé, qui vit très mal sa rupture
amoureuse. Dans sa chambre d'hôpital, Daniel se pose donc
la grande question : « Est-ce que j'ai raté ma vie ?
» Comme le célèbre chroniqueur avait toujours
rêvé de faire du stand up comique, le metteur en
scène Denis Bernard a pensé recréer une sorte de
cabaret avec musiciens et maître de
cérémonie, chanteur à la Tom Waits, coups de
cymbales et applaudissements en direct. Dans ce cabaret- coma
marqué de nombreuses coupures de temps et de ton, se croisent
les personnages qui ont marqué la vie et l'imaginaire de
Daniel. Cette gamme de personnages très colorés
sert de prétexte à Pierre-Michel Tremblay pour aborder de
nombreux thèmes comme la mort, l'enfance, les rapports à
la mère, la condition masculine, la réussite sociale, la
rupture amoureuse, l'engagement, la responsabilité.
Supportés par deux acteurs-musiciens fort sympathiques,
Félix Beaulieu et Ludovic Bonnier, les acteurs sont tous
sensationnels et nous entraînent aisément entre rêve
et réalité. Autour de Serge Laplante et de
Marie-Hélène Thibault qui se livrent un duel dur et
tendre, Benoit Gouin s'amuse à fond dans son personnage de
masculiniste, Louise Laparé livre une performance
remarquable dans son rôle de mère québecoise
« aux petits plats » et Philippe Racine se
révèle une belle découverte dans sa
composition du guerrier intérieur de Daniel.
Dans son lit d'hôpital, Daniel est à l'heure
du choix; comme spectateur invité à ce cabaret
onirique, on se prend à espérer qu'il fera le bon et
qu'il reviendra nous bousculer un peu et nous faire sourire avec son
humour mordant.
En ce temps de grisaille, Denis Bernard disait vouloir offrir
«une grosse étreinte au public»; il faut vite lui dire que son gros câlin nous fait
du bien.
Québec, 23 novembre 2009.
par Yolande Prémont
Présentation de la pièce / Périscope >>>
Illustration crédit : Théâtre Périscope
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