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Coma unplugged
Théâtre Périscope

17 novembre au 28 novembre 2009


 

Coma

Coma unplugged

La production « Coma unplugged », du Théâtre de la Manufacture, couronnée par le Prix de la critique, catégorie Montréal et par le Masque de la production Montréal, est de passage au Théâtre Périscope. Malgré un sujet plutôt noir, et récurrent cette saison dans nos théâtres, ce spectacle nous séduit par son originalité, son humour et sa profondeur. L'auteur nous plonge dès les premiers instants dans le coma de Daniel Martin, un chroniqueur humoristique plutôt désabusé, qui vit très mal sa rupture amoureuse. Dans sa chambre d'hôpital, Daniel se pose donc la grande question : « Est-ce que j'ai raté ma vie ? » Comme le célèbre chroniqueur avait toujours rêvé de faire du stand up comique, le metteur en scène Denis Bernard a pensé recréer une sorte de cabaret avec musiciens et  maître de cérémonie, chanteur à la Tom Waits, coups de cymbales et applaudissements en direct. Dans ce cabaret- coma marqué de nombreuses coupures de temps et de ton, se croisent les personnages qui ont marqué la vie et l'imaginaire de Daniel. Cette gamme de personnages très colorés sert de prétexte à Pierre-Michel Tremblay pour aborder de nombreux thèmes comme la mort, l'enfance, les rapports à la mère, la condition masculine, la réussite sociale, la rupture amoureuse, l'engagement, la responsabilité.

Supportés par deux acteurs-musiciens fort sympathiques, Félix Beaulieu  et Ludovic Bonnier, les acteurs sont tous sensationnels et nous entraînent aisément entre rêve et réalité. Autour de Serge Laplante et de Marie-Hélène Thibault qui se livrent un duel dur et tendre, Benoit Gouin s'amuse à fond dans son personnage de masculiniste, Louise Laparé  livre une performance remarquable dans son rôle  de mère québecoise « aux petits plats » et Philippe Racine se révèle  une belle découverte dans sa composition du guerrier intérieur de Daniel.  

 Dans son lit d'hôpital, Daniel est  à l'heure du choix; comme spectateur invité à ce cabaret onirique, on se prend à espérer qu'il fera le bon et qu'il reviendra nous bousculer un peu et nous faire sourire avec son humour mordant.

 En ce temps de grisaille, Denis Bernard disait vouloir offrir «une grosse étreinte  au public»; il faut vite lui dire que son gros câlin  nous fait du bien.

Québec, 23 novembre 2009.
par Yolande Prémont

Présentation de la pièce / Périscope >>>

Illustration crédit : Théâtre Périscope
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