Nature morte dans un fossé Depuis le 28 février 1997

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Québec, 6 mars 2009.
par Yolande Prémont

Nature morte dans un fossé
Théâtre Périscope / du 3 mars au 28 mars 2009



Au théâtre Périscope, la coproduction du Théâtre Blanc et du théâtre l'Escaouette, Nature morte dans un fossé, nous permet  de découvrir un  auteur italien de grand talent.  Âgé de 30 ans à peine, Fausto Paravidino est déjà récipiendaire de nombreux prix (prix Tondelli, en 1999, pour Due fratelli, prix Candoni Arta terme, en 2000, pour La malattia della famiglia).  Natura morta in un fosso  nous entraîne dans une course contre la montre. Un inspecteur a 16 heures pour résoudre le meurtre d'une jeune étudiante dont le corps nu a été retrouvé dans un fossé par un jeune fêtard. Cinq autres personnages (l'automobiliste, un pusher, l'ami de coeur, la mère  et une prostituée yougoslave) viendront, par leur témoignage, assembler les pièces du puzzle.

Le texte de Paravidino est percutant et rempli de surprises. Là où le spectateur, comme le personnage de l'inspecteur d'ailleurs, s'attend à une banale histoire de sexe et de drogue, il découvre à la fin, une douloureuse vérité.

Cette suite de monologues aurait pu donner lieu à un spectacle plutôt statique;  il n'en est rien tant la mise en scène de Christian Lapointe est inventive.  Les interventions du choeur, sonores ou physiques, rythment le récit et les comédiens utilisent des accessoires aux multiples fonctions : sous leurs doigts, les objets se métamorphosent pour habiller le récit. Le metteur en scène dirige aussi une excellente distribution. À souligner l'interprétation magistrale de  Kevin McCoy, qui ne parle le français que depuis 12 ans. McCoy joue Cob, le policier qui, sous la pression sociale, ne dispose que de quelques heures pour trouver un coupable. Parfois drôle, parfois touchant, toujours fougueux, ce pivot de la pièce ne manque pas de souffle !

La réussite de cette production repose également sur l'excellente traduction de Paul Lefebvre.  Tout en donnant à chaque personnage un niveau de langue différent, il a su rendre avec finesse toutes les subtilités de la langue parlée de Paravidino dans la langue québecoise. On lui doit la découverte de ce très beau texte. On comprend son coup de coeur pour cette pièce moderne qui, sous le couvert d'une banale enquête policière, cache une virulente critique sociale.
 
À voir absolument !

Coproduction Théâtre Blanc et théâtre l'Escaouette
Codiffusion Théâtre Périscope

Texte : Fausto Paravidino
Traduction : Paul Lefebvre
Mise en scène : Christian Lapointe
Assitance à la mise en scène : Gaétane Deschênes

Distribution :
Marcia Babineau, Stéphanie David, Jean-Michel Déry, Christian Essiambre, Kevin McCoy et Mario Mercier.

Équipe de conception : Jean Hazel, Alain Tanguay et le Collectif CINAPS (Lionel Arnould, Mathieu Campagna et Jean-François Labbé)
Costumes : Alain Tanguay



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